Home of Ellroy Confidential Books
LE MANUSCRIT DE LA MERE MORTE

A propos d'Ellroy et de ce site
Details sur ses romans
... le cinéma, la télévision et les restaurants
Livres et vidéos @ USA, UK, France, Allemagne
Sur Internet et dans la presse
Real Audio interviews
Apparitions TV
D'autres sources, articles et interviews sur le Web
Les sites que nous conseillons
Pour être informé

 
Un article du magazine Elle

Ce sont des souvenirs d'enfance qui ne respirent pas le bonheur. Des parents séparés. Une existence morne de fils unique. Et puis, un jour, au retour d'un week-end chez papa, des flics, des gros durs à nez cabossé annoncent au gamin de 10 ans que maman est morte. Trucidée. Le gosse ne cille pas. On a beau être au pays de John Wayne, les gros durs au nez cabossé sont impressionnés par ce mouflet aux yeux obstinément secs. Ce n'est pas donné à tout le monde d'avoir une mère assassinée ! Mais rien n'oblige à aimer soudain quelqu'un pour le simple fait qu'il soit mort. En exhumant aujord'hui sa part d'ombre, cette absence d'amour filial et le rendez-vous manqué avec le chagrin le jour du meurtre, James Ellroy tente d'exorciser un passé dont la simple évocation semble aussi agréable qu'un plongeon dans un océan de tessons de bouteille. L'écrivain américain qui nous avait habitué à un univers d'une effrayante noirceur se surpasse. Pour une simple raison : le corps mutilé, violé, étranglé est celui de sa mère, et non plus une héroïne de fait divers("Le Dahlia Noir"). Dans cette autobiographie vertigineuse, au style électrique, Ellroy cmbat plusieurs monstres à la fois. "Le basané", cet homme aperçu avec sa mère le samedi soir fatal et qu'il traque en compagnie d'un flic à la retraite près de quarante ans plus tard. Ce n'est pas le monstre le plus intéressant, même si l'on comprend tès bien que James Ellroy veuille lui régler son compte. Non le type qui l'intéresse et après lequel il court tout au long du livre, c'est lui-même. Un type qui essaie de comprendre pourquoi il a sil longtemps haï sa mère et qui cherche de toutes ses forces à consumer la distance qui les sépare en recollant les morceaux d'un passé brisé, comme ce corps abandonné au bord d'une route une nuit de juin 1958.

Jamais peut-être n'a-t-on évoqué la figure maternelle avec une telle hargne, une telle adoration brutale.Ce sont des crachats d'amour. Des mots venus enfin : "Ta mort définit ma vie. Je veux trouver l'amour que nous n'avons jamais eu (...) Je suis avec toi maintenant. Tout ce que j'ai appris m'a fait t'aimer plus tendrement encore." Ellroy exhibe ses obsessions morbides pour les crimes sexuels, son époque très "bad" (branlettes, alcool, dope), ses cauchemars, ses délires, ("J'avais 13 ans ans, des femmes mortes me possédaient"), avec une fantastique impudeur. Ici, la honte, cette vertu nécessaire à l'écrivain, est magnfiée, sublimée. Elle seule lui permet d'affronter le spectre, de la brutaliser, même dans un étonnant combat où l'enfant cavale après l'ombre à jamais dissoute dans le néant. Un ombre dans le néant : dans ce face-à-face où l'un se dérobe sans cesse, l'odeur est là, l'haleine aussi. Ellroy sent sa présence, son frolement. A un moment de l'enquête, il est confronté pour la première fois aux pièces à conviction : "J'ai vu le cordon et le bas nylon. Ils étaient entortillés l'un à l'autre. J'ai vu les fibres du cordon à l'endroit où il avait cédé autour du cou de ma mère. (...) J'ai pris les liens entre mes doigts. Je les ai regardés, je les ai retournés entre mes mains. J'ai mis le bas contre mon visage et j'ai essayé de retrouver l'odeur de ma mère."

Contactez nous back to the top of the page